PREVENTION, PREVENTION, PREVENTION …
En présentant hier le rapport Charges et produits 2027 — qui sert de guide au futur projet de loi de financement de la Sécurité sociale — la CNAM a affiché son nouveau mantra pour redresser une trajectoire budgétaire hors de contrôle : la prévention.
Pour paraphraser de Gaulle en 1965 sur l’Europe, « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. On peut sauter sur sa chaise comme un cabri – Prévention, Prévention, Prévention – mais ça n’aboutit à rien » !
Saluons cette conversion tardive de la CNAM mais tout reste à faire pour le concrétiser.
Trois mesures emblématiques (nécessaires) accompagnent cette annonce : rendre obligatoire le casque en vélo, étendre le nutriscore et interdire la vente de cigarettes aux générations 2009 et suivantes.
Sympathique. Mais on ne bascule pas vers une politique de prévention forte et efficace avec quelques mesures ponctuelles.
C’est le fondement même de notre système de santé – pensé de bout en bout à partir du curatif : gouvernance, financement, organisation des acteurs – qu’il faut transformer.
La prévention, ce n’est pas une mesure. C’est un nouveau modèle économique : investir dans le capital humain en santé pour augmenter l’espérance de vie en bonne santé – qui stagne pour la classe moyenne – et faire baisser la pression de la demande de soins.
Or la France reste la mauvaise élève des dépenses de prévention parmi les pays développés. Le graphique ci-joint montre que tous nos voisins ont amorcé ce basculement des dépenses de la réparation vers la prévention.
Il faut fixer un objectif de transfert vers l’amont : par exemple 5 % en 2030, 10 % en 2035.
Ces nouvelles dépenses concernent la prévention primaire, mais aussi secondaire et tertiaire – consultations médicales, biologie, sages-femmes, kinésithérapie, soins infirmiers, médicaments dédiés à la prévention. Il ne faut pas les rogner : il faut les valoriser et les inciter.
Un travail économétrique de fond reste à mener pour identifier, valoriser et évaluer précisément ces dépenses.
Saluons la conversion de la CNAM à la prévention. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.
Pour découvrir un système de santé qui intègre pleinement la prévention, participez au référendum citoyen en santé.
👉 https://www.institut-sante.org/referundum-2/

