L’Accord National Interprofessionnel (ANI) conclu entre les partenaires sociaux le 11 janvier 2013 avait été salué par le Gouvernement et les signataires comme une révolution sociale devant conduire « à un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises ». Le projet de loi de l’ANI, après passage en commission mixte paritaire, doit être présenté en deuxième lecture au sénat le 14 mai prochain, avec comme mesure phare, la généralisation à tous les salariés du secteur privé à partir du 1er janvier 2016 de contrats collectifs en santé choisis par les branches professionnelles.
Archives de l’auteur : Frédéric Bizard
Pilules: des experts mondiaux confirment l’absurdité des décisions françaises!
Nous avions dénoncé, dans un article de janvier 2013 intitulé « Pilules contraceptives : La France est-elle condamnée à rester nulle en santé publique», la décision de Marisol Touraine de dérembourser les pilules 3G et 4G. Nous avions invoqué l’absence de fondements scientifiques crédibles et surtout les conséquences désastreuses en matière de santé publique.
Avenant 8: les masques tombent!
La signature de l’avenant 8 le 25 octobre dernier par UNCAM, UNOCAM, CSMF, MG France, SML avait fait l’objet, de la part des syndicats non signataires (Le BLOC, la FMF) et d’une grande partie de la base des médecins, d’une intense campagne de mobilisation pour dénoncer cette mise sous tutelle administrative honteuse de la profession. Pendant ce temps, la CSMF se félicitait de cet accord, annonçant « qu’il nous protégeait…et que pour la première fois les complémentaires s’engageaient résolument au financement des compléments d’honoraires » (1). Dans le même temps, cette même CSMF regrettait « l’insuffisance de revalorisations tarifaires » (1) mais face à tant de bénéfices en contrepartie, cet inconvénient ne pesait pas lourd.
Lutte contre le(s) cancer(s) : les défis de la médecine personnalisée!
La lutte contre le cancer est une illustration parfaite du défi contre la complexité, cher à Edgar Morin. Les progrès de la recherche ont certes permis d’améliorer considérablement la prise en charge des patients cancéreux mais ont aussi révélé qu’il y avait autant de cancers différents que de personnes atteintes. Il existe de nombreux moyens pour une cellule de devenir cancéreuse et si l’on ne connaît pas le cheminement exact conduisant à la tumeur, le traitement risque d’être inadapté ou peu efficace.
Outre le défi médical et scientifique, le cancer est un fléau épidémiologique mondial et va représenter un défi politique et social majeur dans les années à venir.
Pilules contraceptives: la France est-elle condamnée à rester nulle en santé publique?
L’exception française ne prévaut pas uniquement dans la culture mais aussi en matière de santé publique. Nous n’avons pas d’égal parmi les pays développés pour transformer des incidents sanitaires en crise sanitaire, comme récemment pour les pilules contraceptives de dernières générations. Sur les dix dernières années, la France a connu en métropole trois crises sanitaires dont l’analyse objective laisse pantois quant à leur gestion par les autorités sanitaires : la canicule en 2003 et ses 15 000 décès, la grippe H1N1 en 2009 et ses 94 millions de doses de vaccins achetées pour moins de 6 millions de personnes vaccinées, le médiator en 2010 avec probablement 1000 à 2000 morts à terme. L’affaire des pilules de troisième génération (3G) et quatrième génération (4G) démontre que l’incompétence sanitaire n’est pas uniquement liée à la gestion politique de la droite ou de la gauche mais a aussi des causes profondes dans l’histoire et l’organisation de notre système de santé.
Radiologie et imagerie médicale: une spécialité à la croisée des chemins !
Démographie déclinante, baisse des revenus, baisse de la valeur des actes, recherche récurrente d’économie dans les dépenses de santé… les menaces s’amoncellent au-dessus des têtes des médecins radiologues. Pourtant, les opportunités d’expansion des actions et missions du médecin radiologue dans la prise en charge du patient n’ont jamais été aussi nombreuses.
Alerte à l’étatisation de notre système de santé!
Création d’un tribunal administratif pour sanctionner en direct les médecins libéraux, suppression arbitraire d’autorisations administratives de cliniques, création de postes de médecins salariés en ville, incitation à multiplier la création de centre de santé de soins primaires contrôlés par l’administration… Les signes se multiplient depuis quelques mois en faveur d’une accélération de l’étatisation de notre système de santé. Cette évolution n’est pas nouvelle mais notre Ministre de la santé actuelle fait preuve d’un zèle marqué en la matière, ce qui représente une aubaine pour une administration publique qui rêve depuis des années de mettre sous son contrôle l’intégralité de notre système de santé. Cette étatisation du système, comme l’ont montré de façon éloquente les expériences étrangères, va conduire inéxorablement à une pénurie de l’offre de soins et à la constitution de files d’attente.
Le poison inégalitaire et liberticide des réseaux de soins conventionnés
Tout est fait pour que la proposition de loi Le Roux, autorisant les mutuelles à pratiquer des tarifs différenciés de remboursement au sein de réseaux de soins conventionnés, présentée le 28 novembre à l’Assemblée Nationale soit une simple formalité. Ce serait juste une remise à niveau avec les assureurs privés et les instituts de prévoyance, argument fallacieux tant les mutuelles dominent le marché des complémentaires et mènent la politique du secteur. Autoriser les réseaux de soins pour l’ensemble des professionnels de santé et pour les établissements hospitaliers marquerait une rupture historique dans le socle identitaire de notre système de santé et serait délétère pour tous les acteurs de notre système de santé.
L’hôpital public: mal géré ou mal doté?
Emission du 28 novembre 2011 sur Arte présentée par Elizabeth QUIN
L’hôpital public traverse depuis des années une crise financière et sociale qui ne cesse de s’aggraver. Les invités de l’émission – Claude Le Pen, Pierre Taboulet et Frédéric Bizard – répondent aux questions de Renaud Dely et Elizabeth Quin pour tenter de mieux comprendre les raisons de cette crise.
Pourquoi le gouvernement souhaite t’il la disparition des médecins libéraux?
Des milliers de médecins libéraux, internes et chefs de cliniques ont démarré depuis le 12 novembre une grève des soins illimité pour demander l’abrogation de l’avenant 8 conventionnel signé le 25 octobre dernier. Cet accord, signé à minima par trois syndicats médicaux sur cinq après une pression intense de l’Etat, n’est qu’une étape dans le programme politique de santé du gouvernement progressivement dévoilé. Celui-ci, qui pourrait se résumer par la promesse de « l’accès à une santé gratuite pour tous », nécessite l’abrogation de l’exercice libéral de la médecine présente en France depuis près d’un siècle.